Robert Stephenson Smyth Baden-Powell, appelé BiPi, est né en 1857 à Londres. Il est le huitième des
10 enfants du Révérend Baden Powell, professeur à l'Université d'Oxford. Il perd son père à l’âge de 3 ans.
BiPi fait ses études à Chartehouse, collège réputé pour sa discipline. Il est un adepte de l’école buissonnière et se cache régulièrement
dans le bois derrière l’établissement scolaire. Il y développe son sens de l’observation. Ses frères l’emmènent régulièrement explorer la campagne, camper et naviguer.
Il n'a jamais été un très bon élève et rate ses examens d’entrée à l'université, il se présente alors à l’école militaire et obtient la seconde place au concours
d’entrée à 19 ans (1876). Il intègre le 13e Hussards, un régiment de cavalerie, et fut dispensé de suivre les stages de l'école d'officiers. En 1877, il est envoyé comme sous-lieutenant en
Inde, colonie britannique à cette époque. C'est pendant ses loisirs qu'il s'intéressait plus particulièrement au travail des éclaireurs, et qu'il se rendit compte de leur importance dans les
opérations militaires.
A l'âge de 26 ans, il fut promu capitaine. Son régiment fut ensuite déplacé en Afrique . Il se perfectionna ainsi dans l'art
de l'approche et de l'exploration. C'est en Afrique qu'il eut pour la première fois la possibilité de former des " éclaireurs " militaires selon
ses méthodes : il les formait en petites unités ou patrouilles, chacune sous les ordres d'un chef, et attribuait aux plus méritants un insigne dont le dessin s'inspirait du point Nord de
la boussole, très similaire à ce qui devait devenir le badge du Scoutisme Mondial. Sud, où il eut l'occasion d'entrer en contact avec des "
BiPi fait une brillante carrière militaire, respecté et obéit parce qu’il est un chef qui donne l'exemple. Il passe par les Indes où il devient instructeur
entre-autre, l’Afghanistan, dans les Balkans, à Malte, en Russie comme agent de renseignement et surtout en l’Afrique du sud.
L'événement qui rendit Baden-Powell célèbre dans tout l'empire britannique fut le sauvetage de la petite ville de Mafeking en 1899, durant la guerre
des Boers (contre les Hollandais). Avec beaucoup d'astuce et de courage communicatif, il réussit à sauver la ville qui était assiégée 217 jours par des troupes ennemies quatre fois plus
nombreuses. BiPi utilisa les jeunes de la ville comme messagers pour transmettre des messages à pied et à vélo, comme observateurs, sentinelles et éclaireurs. (Voir: Siège de Mafeking).
A la libération de la ville, le 16 mai 1900, BiPi est acclamé comme un héros et est nommé major-général. Il prouva que des jeunes étaient tout à fait capables de
réussir une mission, pourvu qu'on leur fasse confiance. Il publie ses observations sous le nom de "scouting" (l’art des éclaireurs) dans un petit fascicule destiné aux
militaires appelé : "Aids to scouting".
A son retour en Angleterre, BiPi fut accueilli triomphalement. Il constate que "Aids to scouting" a un immense succès auprès des garçons
britanniques et est utilisé par des éducateurs. Il reçoit même beaucoup de courriers de garçons lui demandant des conseils. Marqué par la jeunesse britannique des quartiers désœuvrés, souvent
en mauvaise santé et délinquantes, il décide de mettre en pratique toutes les tactiques qu’il a observées à la guerre au service de jeunes garçons et dans une optique de paix.
"À la fin de ma carrière militaire", dit BiPi, "je me mis à l'œuvre pour transformer ce qui était un art d'apprendre aux hommes à faire la guerre, en
un art d'apprendre aux jeunes à faire la paix ; le scoutisme n'a rien de commun avec les principes militaires".
En 1907, alors âgé de 50 il organise un camp de quinze jours avec une vingtaine de garçon de différentes classes sociales sur l'île de Brownsea. Il y teste ses
idées d'éducation par le jeu, d'indépendance et de confiance.
A la suite de ce camp, Sir William Smith (fondateur des "boy’s brigade") lui demande d’écrire un ouvrage sur la manière dont le
"Scouting" pouvait être adapté à la jeunesse qu’il appel : "Scouting for boys" ("Eclaireurs").
Avec ce livre BiPi. tente de lancer un nouveau mouvement autonome. Il crée la base du scoutisme avec les cinq buts :
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Santé,
-
Sens du concret,
-
Personnalité,
-
Service,
-
Sens de Dieu.
Ainsi que les dix articles de la loi scoute et la Promesse scoute ( voir la pédagogie du scoutisme ) qui n’engendrent aucune
interdiction mais qui proposent une hygiène de vie que chaque adhérent promet d’essayer de mettre en pratique de son mieux.
C’est en 1909, que les premières compagnies de guides apparaissent organisées par Agnès Baden-Powell.
En 1910, il différencie trois classes d’âge :
-
Les Louveteaux (8-11 ans)
-
Les Éclaireurs (12-17ans)
-
Les Routiers (17 ans et +)
En 1918, il publie une revue intitulée "Girl guiding edition". B.P. appelle le mouvement féminin les Guides plutôt que scoutes ou éclaireuses car
il estimait que leur rôle n’était pas d’éclairer mais de Guider. "Une femme qui est capable de se tirer d’affaire toute seule est respectée aussi bien par les hommes que par les femmes. Ils
sont toujours prêts à suivre ses conseils et son exemple, elle est leur guide."
En 1910, sur les conseils du roi d’Angleterre Édouard VIII, BiPi démissionne de l’armée pour prendre la direction du mouvement qu’il vient de lancer.
En 1912, BiPi se marie avec Olave Saint Claire Soames, qui devient Chef-guide mondiale.
Le mouvement prend vite beaucoup d'importance, et se développe dans de nombreux pays du monde. Le Jamboree de 1920 réunit pour la première fois des scouts de 21
pays. BiPi y fut nommé "World Chief" (chef scout mondial).
En 1927, Baden-Powell est anobli par le roi Georges V. Il prend le nom de Lord Baden-Powell of Gilwell, du nom d'une propriété qu'il a reçue de la
famille McLaren pour en faire un centre de formation des chefs.
Aujourd'hui, il y a plus de 28 000 000 de scouts dans plus de 216 pays du monde entier.
Son dernier mot
BiPi et son épouse passaient beaucoup de leur temps à parcourir le monde pour soutenir le scoutisme dans son développement, et participaient aux cérémonies de
création du mouvement dans un nouveau pays. À la fin de sa vie, BiPi s'était retiré au Kenya et fit parvenir aux scouts du monde entier son dernier message :
« Ceci est juste un petit mot d'adieu, pour vous rappeler, quand j'aurai disparu, que vous devez tâcher dans la vie d'être heureux et de rendre les
autres heureux. Que cela paraît facile et agréable, n'est-ce pas ? C'est tout d'abord par la bonne action quotidienne que vous apprendrez à apporter le bonheur aux autres. La meilleure
manière d'atteindre le bonheur est de le répandre autour de vous.
J'ai eu une vie très heureuse, et j'aimerais qu'on puisse en dire autant de chacun de vous. Je crois que Dieu vous a placé dans ce monde pour y être heureux
et jouir de la vie. Ce n'est ni la richesse, ni le succès, ni l'indulgence envers soi-même qui créent le bonheur.
L'étude de la nature vous apprendra que Dieu a créé des choses belles et merveilleuses afin que vous en jouissiez. Contentez-vous de ce que vous avez et
faites-en le meilleur usage possible. Regardez le beau côté des choses et non le plus sombre.
Essayez de laisser ce monde un peu meilleur qu'il ne l'était quand vous y êtes venus et quand l'heure de la mort approchera, vous pourrez mourir heureux en
pensant que vous n'avez pas perdu votre temps et que vous avez fait « de votre mieux ».
Soyez prêts à vivre heureux et à mourir heureux. Soyez toujours fidèles à votre promesse même quand vous serez adultes.
Que Dieu vous aide.
Votre ami
Baden-Powell »
BiPi mourut le 8 janvier 1941 au Kenya où il est enterré. Sur sa tombe est gravé un symbole, le signe fin de piste.
Lady Baden-Powell continua son rôle de lien entre les éclaireuses du monde entier. Elle est décédée le 25 juin 1978 en Angleterre.